De Gaza vers une solution de soins, d’études ou de protection
Comprendre les parcours, les décisions et les blocages. Un besoin médical urgent, une admission à l’université ou un droit à la protection ne suffisent pas, seuls, à quitter Gaza.
Chaque parcours dépend d’une suite de décisions prises par des acteurs différents : médecins, autorités sanitaires, organisations internationales, États d’accueil, hôpitaux, universités, autorités des frontières, services diplomatiques et consulaires. Une partie de la solution peut exister sans que le parcours complet soit possible. Comprendre cette chaîne, c’est comprendre pourquoi certains dossiers aboutissent, pourquoi d’autres restent bloqués — et pourquoi la coordination compte parfois autant que la solution elle-même.
Avertissement
Une page informative, pas un conseil individuel.
Cette page ne remplace ni les informations officielles de l’OMS et des autorités compétentes, ni un conseil médical ou juridique adapté à une situation individuelle. Pour toute démarche personnelle, référez-vous aux canaux officiels cités en fin de page.
Les données relatives à Gaza évoluent rapidement. Les chiffres sont datés et doivent être relus avec leur définition, leur période et leur source.
Trois parcours distincts.
Soins, études et protection se croisent parfois. Mais chacun a ses critères, ses acteurs et ses décisions. Une porte ouverte dans l’un ne vaut pas autorisation dans les autres.
Se faire soigner hors de Gaza
Référencement médical
Une personne atteinte d’une maladie grave ou victime de blessures nécessitant des soins spécialisés indisponibles à Gaza peut être référée pour une évacuation médicale.
Étudier hors de Gaza
Admission et viabilité
Une admission, une bourse ou une place dans un établissement à l’étranger ne suffisent pas : il faut encore réunir les conditions de sortie, d’entrée, de financement et d’accueil effectif.
Obtenir une protection internationale
Une autre logique juridique
Le droit d’asile protège, lorsque les conditions sont réunies, contre un retour vers un territoire de risque. Il n’est pas, en lui-même, un mécanisme permettant de sortir de Gaza.
Une ambulance lors d’une opération d’évacuation.
Le transfert dépend des conditions opérationnelles et des acteurs habilités.
Autorité de santé
Une capacité médicale doit être reliée aux décisions sanitaires et administratives compétentes.
Une voie peut s’ouvrir puis se fermer
Les conditions de sécurité et l’accessibilité des passages peuvent interrompre une opération préparée.
L’OMS coordonne certains transferts avec les partenaires concernés ; elle ne sélectionne ni ne priorise les patients.
Besoin médical → Référencement → Priorisation → Acceptation d’une solution d’accueil → Autorisations → Itinéraire accessible → Transfert → Entrée dans le pays de destination ou de transit → Soins → Continuité du parcours.
Un médecin ou spécialiste évalue le besoin. Un médecin d’un hôpital public peut initier le référencement vers le Referral Committee, qui examine et priorise les dossiers.
La priorité médicale ne suffit pas. Un pays, un dispositif ou un établissement doit accepter le patient ; les autorités compétentes délivrent les autorisations liées à l’itinéraire.
L’OMS et ses partenaires peuvent soutenir le transfert sécurisé. L’entrée, les soins, l’hébergement, les accompagnants, le financement et la suite administrative restent des étapes distinctes.
Trois logiques. Une même exigence de continuité.
Se faire soigner hors de Gaza
Une personne atteinte d’une maladie grave ou victime de blessures nécessitant des soins spécialisés indisponibles à Gaza peut être référée pour une évacuation médicale.
Étudier hors de Gaza
Une admission, une bourse ou une place dans un établissement à l’étranger ne suffisent pas : il faut encore réunir les conditions de sortie, d’entrée, de financement et d’accueil effectif.
Obtenir une protection internationale
Le droit d’asile protège, sous conditions, contre un retour vers un territoire où l’on risque des persécutions ou des atteintes graves. Ce n’est pas, en soi, un moyen de sortir de Gaza.
Ces trois parcours peuvent parfois se croiser, mais ils ne doivent pas être confondus.
Comment fonctionne réellement le processus ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) décrit l’évacuation médicale comme la possibilité, pour des patients gravement malades ou blessés, d’accéder à des soins spécialisés ou vitaux indisponibles à Gaza. Au 23 février 2026, l’OMS indiquait que 11 124 patients avaient été évacués depuis octobre 2023, dont 5 835 enfants, accompagnés de 13 032 proches. Dans le même temps, plus de 18 500 patients avaient encore besoin de traitements urgents indisponibles à Gaza.
Une mise à jour opérationnelle ultérieure de l’OMS, datée du 26 mars 2026, faisait état de 11 209 patients et 13 215 accompagnants évacués vers plus de 30 pays. Ces chiffres évoluent à mesure que les opérations se poursuivent. Avant octobre 2023, entre 50 et 100 patients quittaient quotidiennement Gaza pour recevoir des soins médicaux.
Le référencement médical
Le processus commence dans le système de santé. Un médecin ou un spécialiste examine le patient et, s’il estime qu’un traitement nécessaire n’est pas disponible à Gaza, peut établir un formulaire de référencement pour des soins à l’étranger. La demande est transmise par l’hôpital public au Referral Committee (Comité de référencement). Ce comité examine les dossiers, évalue leur priorité et décide lesquels sont approuvés pour une évacuation médicale.
L’OMS ne sélectionne pas les patients et ne décide pas de leur priorité. Dans sa déclaration du 10 avril 2026, elle précise que le Referral Committee est composé de responsables sanitaires locaux de Gaza et qu’il porte seul la responsabilité de la priorisation des patients.
Où vont les patients évacués ?
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), au 23 février 2026, ces chiffres comptabilisent des patients évacués depuis octobre 2023 — et non leurs accompagnants.
| Destination | Patients évacués |
|---|---|
| Égypte | 6 600 |
| Émirats arabes unis | 1 518 |
| Qatar | 970 |
| Pays de l’Union européenne | 611 |
| Jordanie | 525 |
| Turquie | 449 |
| Algérie | 136 |
| Ouzbékistan | 100 |
| Tunisie | 73 |
| Oman | 56 |
Source : OMS, « Medical evacuation of patients from Gaza — Oct 2023–23 Feb 2026 ». Ces données évoluent avec les opérations et ne préjugent d’aucune possibilité de destination pour une situation individuelle.
Être priorisé ne signifie pas être évacué.
Un patient peut être gravement malade, correctement référé, avec un dossier complet et jugé prioritaire — et ne pas pouvoir quitter Gaza. La décision médicale n’est qu’une des portes.
Dans le circuit de Rafah décrit par l’OMS, l’Autorité palestinienne transmet les listes prioritaires aux autorités israéliennes et égyptiennes pour security clearance. Une fois ces autorisations obtenues, la liste validée est transmise à l’OMS. Depuis octobre 2023, les circuits ont notamment utilisé Kerem Shalom / Karam Abu Salem et Rafah, selon les périodes et les conditions opérationnelles.
Une évacuation médicale est une chaîne, pas une décision. Chaque étape dépend d’un acteur différent. Aucun de ces acteurs ne contrôle seul l’ensemble du parcours.
- Référencement et décision du Referral Committee.
- Un pays, un dispositif ou un établissement doit accepter de recevoir le patient.
- Les security clearances et autorisations nécessaires doivent être obtenues.
- Un itinéraire opérationnel doit exister.
- L’OMS coordonne les aspects médicaux et logistiques du transfert soutenu.
- Continuité. Entrée, soins, hébergement, suivi et suite du parcours doivent être assurés.
Qui décide de quoi ?
| Décision | Acteur principal |
|---|---|
| Soins indisponibles à Gaza ? | Médecin ou spécialiste |
| Référencement à initier ? | Médecin d’un hôpital public |
| Dossier prioritaire ? | Referral Committee |
| L’OMS choisit-elle les patients ? | Non |
| Qui accepte le patient ? | Pays, dispositif ou établissement d’accueil |
| Autorisations de passage | Autorités compétentes selon l’itinéraire |
| Transfert médical sécurisé soutenu par l’OMS | OMS avec les partenaires concernés |
| Visa ou droit d’entrée | Autorités du pays concerné |
| Protection internationale | Autorités et juridictions compétentes du pays concerné |
Attention aux fraudes
Le ministère de la Santé et l’OMS ne facturent aucun frais à quelque étape que ce soit du processus d’évacuation médicale. Seul un médecin d’un hôpital public peut initier le référencement médical décrit par l’OMS. L’OMS et les autres agences des Nations unies ne sélectionnent ni ne priorisent les patients et n’approuvent pas les demandes de référencement pour traitement à l’étranger. La sélection et la priorisation relèvent exclusivement du Referral Committee.
Une fois le patient priorisé, l’évacuation n’est toutefois pas garantie : elle dépend notamment de l’acceptation par un pays d’accueil et des autorisations de sécurité requises. Aucun paiement n’est requis pour enregistrer ou prioriser un patient, modifier ou ajouter un accompagnant, ou accélérer une évacuation.
Signalement de fraude à l’OMS : medevac-support-gaza@who.int
L’Europe : un mécanisme existe, mais il dépend des États.
L’Union européenne peut soutenir certaines évacuations dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UCPM). Ce mécanisme peut coordonner les offres de transport ou de traitement proposées par les États participants. Il ne constitue toutefois pas un quota européen obligatoire : les offres d’accueil relèvent des États. Le principe est essentiel : l’OMS peut coordonner et présenter des patients ; elle ne peut pas créer, à elle seule, les capacités d’accueil offertes par les États.
L’évacuation n’est pas la fin du parcours.
Franchir la frontière ne résout pas automatiquement l’ensemble du problème. Après le départ peuvent encore se poser le transport jusqu’au pays d’accueil, le statut administratif dans un pays de transit, le visa ou le titre d’entrée, l’admission effective dans l’établissement médical, le financement des soins, l’hébergement, les besoins des accompagnants, la traduction, les rendez-vous médicaux, la protection sociale, la continuité des traitements et la situation des membres de la famille restés à Gaza.
Sortir de Gaza peut constituer une étape décisive sans constituer la fin du parcours. La valeur ajoutée ne réside pas nécessairement dans un acte isolé, mais dans la capacité à maintenir la continuité entre la personne, les institutions, les décisions, les ressources et le temps.
Mobilité académique : une autre chaîne de décisions.
Une admission universitaire constitue une étape essentielle, mais elle ne suffit pas. Un étudiant peut donc être admis dans une université et disposer d’un financement sans avoir encore de voie effective pour rejoindre le pays concerné. Inversement, une possibilité de sortie sans admission, visa ou solution financière ne suffit pas davantage. Une porte ouverte ne signifie pas que toutes les autres le sont.
Protection internationale : une distinction essentielle.
La protection internationale ne constitue pas un mécanisme d’évacuation depuis Gaza. Elle répond à une autre question : une personne peut-elle être protégée contre un retour vers Gaza lorsqu’elle relève de la procédure d’asile d’un État ? En France, la jurisprudence a connu une évolution majeure.
Le 13 septembre 2024, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a reconnu que des Palestiniens de Gaza bénéficiant normalement de l’assistance de l’UNRWA pouvaient obtenir le statut de réfugié, la Cour considérant que cette assistance ne pouvait plus être effectivement assurée dans la bande de Gaza. Le 11 juillet 2025, la CNDA réunie en Grande Formation a également reconnu la qualité de réfugiés à des Palestiniens de Gaza qui n’étaient pas couverts par l’UNRWA.
Ce que cette jurisprudence ne signifie pas : elle ne crée pas, à elle seule, un droit automatique à quitter Gaza, un mécanisme d’évacuation, un visa automatique ou un droit général d’admission sur le territoire français.
Comparer les trois parcours
| Parcours | Soins | Études | Protection |
|---|---|---|---|
| Point de départ | Besoin médical | Projet d’études / admission | Besoin de protection |
| Acteur initial | Médecin | Étudiant / établissement | Personne concernée |
| Critère central | Nécessité de soins | Admission et viabilité du parcours | Conditions du droit d’asile |
| Intervention de l’OMS | Oui, dans le medevac | Non | Non |
| Sortie de Gaza automatiquement garantie | Non | Non | Non |
| État tiers nécessaire | Oui | Oui | Oui pour l’admission sur son territoire |
| Après l’arrivée | Soins et continuité médicale | Études et accueil | Procédure de protection et intégration |
Point de départ
Besoin médical
Acteur initial
Médecin
Critère central
Nécessité de soins
Intervention de l’OMS
Oui, dans le medevac
Sortie de Gaza automatiquement garantie
Non
État tiers nécessaire
Oui
Après l’arrivée
Soins et continuité médicale
Point de départ
Projet d’études / admission
Acteur initial
Étudiant / établissement
Critère central
Admission et viabilité du parcours
Intervention de l’OMS
Non
Sortie de Gaza automatiquement garantie
Non
État tiers nécessaire
Oui
Après l’arrivée
Études et accueil
Point de départ
Besoin de protection
Acteur initial
Personne concernée
Critère central
Conditions du droit d’asile
Intervention de l’OMS
Non
Sortie de Gaza automatiquement garantie
Non
État tiers nécessaire
Oui pour l’admission sur son territoire
Après l’arrivée
Procédure de protection et intégration
Ce que Pont de Mer Humanitaire peut faire — et ce qu’elle ne peut pas faire.
- Documenter une situation et rassembler les pièces utiles.
- Vérifier les informations disponibles.
- Identifier les acteurs susceptibles de contribuer à une solution.
- Rechercher des possibilités d’évaluation ou de prise en charge médicale.
- Mettre en relation établissements, institutions et personnes concernées.
- Accompagner certaines démarches administratives et logistiques.
- Mobiliser des partenaires ou des ressources lorsque cela est possible.
- Aider à maintenir la continuité du parcours entre plusieurs étapes et plusieurs institutions.
- Documenter les blocages et interpeller les acteurs compétents lorsque cela est justifié.
- Décider du référencement médical d’un patient.
- Modifier la priorité attribuée par le Referral Committee.
- Inscrire quelqu’un sur une liste officielle d’évacuation.
- Imposer une évacuation à l’OMS.
- Délivrer une autorisation de sortie.
- Contraindre un État à accepter un patient.
- Délivrer un visa.
- Décider d’une protection internationale.
- Garantir une admission hospitalière ou universitaire.
- Garantir l’issue d’un parcours.
Nous ne garantissons ni évacuation, ni visa, ni admission, ni financement. Nous nous engageons sur la rigueur du parcours, la loyauté de l’information et la continuité de l’accompagnement.
Pour aller plus loin
Dans ses documents destinés au public, l’OMS emploie généralement l’expression « Israeli authorities » lorsqu’elle décrit les security clearances nécessaires à l’évacuation. Dans l’architecture israélienne de coordination des mouvements concernant Gaza et les territoires palestiniens, le COGAT — Coordination of Government Activities in the Territories — joue un rôle central. Cette précision est utile pour comprendre quelles administrations interviennent derrière la formule générale utilisée par l’OMS.
La France en a fourni une illustration à l’été 2025. À la suite d’une controverse concernant une étudiante gazaouie admise dans le cadre d’un programme universitaire français, le gouvernement a annoncé le 1er août 2025 la suspension des opérations d’évacuation depuis Gaza pendant la conduite d’une enquête interne et le renforcement des contrôles. Le Conseil d’État a ensuite été saisi. Sa décision du 15 octobre 2025 indique notamment qu’une opération d’évacuation prévue le 6 août avait été annulée, que certaines procédures avaient été ralenties pour procéder à des vérifications plus approfondies et que le Gouvernement avait, à la date de la décision, rapporté la suspension.
Pourquoi cet épisode est important : une admission, un visa en instruction ou une évacuation envisagée ne rendent pas nécessairement le parcours irréversible. Une porte institutionnelle peut se refermer pour plusieurs personnes à la suite d’un événement qui ne les concerne pas directement.
Un bulletin de situation de l’OMS daté du 26 mars 2026 documente une autre forme de rupture. L’escalade régionale commencée le 28 février a entraîné la suspension des évacuations médicales via Kerem Shalom, encore interrompues à la date du bulletin. Les évacuations via Rafah ont également été suspendues à partir du 28 février. Elles ont repris pour deux missions les 19 et 22 mars — permettant l’évacuation de 16 patients et 30 accompagnants — avant une nouvelle interruption du 23 au 25 mars, les conditions de sécurité n’étant plus réunies. Elles ont repris le 26 mars avec l’évacuation de 17 patients et 30 accompagnants.
Durant cette période, tous les autres points de passage vers Gaza sont restés fermés. Kerem Shalom a rouvert le 3 mars pour le carburant et les fournitures humanitaires, mais l’entrée des produits médicaux est demeurée fortement contrainte. Cet épisode montre qu’une voie peut également se refermer sous l’effet d’une dégradation sécuritaire régionale, indépendamment de l’état d’avancement des dossiers individuels. Une telle interruption peut affecter pendant plusieurs semaines l’ensemble des patients dépendant de ces voies d’évacuation.
Oui, mais seulement si l’on compare des données réellement comparables : mêmes périodes, même définition de « patient », séparation claire entre patients et accompagnants et absence de mélange entre évacuations médicales, familiales, académiques ou humanitaires.
Pont de Mer Humanitaire privilégie une approche simple : comparer lorsque les données sont comparables ; signaler les limites lorsqu’elles ne le sont pas ; mettre les chiffres à jour lorsque de meilleures sources deviennent disponibles.
UCPM : Mécanisme de protection civile de l’Union européenne, pouvant soutenir la coordination d’évacuations médicales et de moyens logistiques.
DG ECHO : direction générale de la Commission chargée de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire.
PEGASE : mécanisme européen de soutien à l’Autorité palestinienne relevant d’une autre logique institutionnelle, notamment de la politique de voisinage et de développement. Il ne doit pas être confondu avec une ligne humanitaire ECHO.
Au-delà des institutions internationales et étatiques déjà présentées, le Croissant-Rouge palestinien (PRCS) joue un rôle opérationnel essentiel sur le terrain. Il participe notamment au transfert des patients et blessés qui ne peuvent se déplacer seuls vers les points de passage, dans le cadre des opérations coordonnées avec les autres acteurs concernés.
En Égypte, le Croissant-Rouge égyptien accompagne les patients et leurs familles au-delà du passage de la frontière, notamment par une aide matérielle, un suivi après hospitalisation et un soutien psychosocial. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) indique que plus de 7 000 patients et 15 000 membres de leurs familles avaient bénéficié de cet accompagnement.
Le PRCS documente par ailleurs des contraintes importantes sur ses capacités d’intervention, notamment une disponibilité limitée des ambulances ainsi que des pénuries de carburant et de pièces détachées. Ces contraintes peuvent elles-mêmes limiter sa capacité à acheminer les patients dans les délais requis.
Un État ou l’Union européenne peut financer des structures sanitaires, des médicaments, la réponse humanitaire, des établissements palestiniens, le soutien logistique ou des mécanismes de coordination sans accueillir directement un nombre équivalent de patients sur son propre territoire. À l’inverse, le nombre de patients accueillis ne mesure pas à lui seul l’ensemble de l’effort humanitaire d’un pays. Les deux indicateurs répondent à des questions différentes.
La position de Pont de Mer Humanitaire
Au 23 février 2026, l’OMS comptabilisait plus de 18 500 patients ayant un besoin urgent de traitement indisponible à Gaza, alors que 11 124 avaient pu être évacués depuis octobre 2023. L’OMS recommande explicitement la reconstruction et la réhabilitation du système de santé de Gaza, la réouverture des voies de référencement médical vers la Cisjordanie, notamment Jérusalem-Est, l’augmentation du nombre de patients acceptés par les États membres pour recevoir des soins à l’étranger et la possibilité pour les patients de retourner dignement à Gaza lorsque leurs soins sont terminés.
Pont de Mer Humanitaire soutient ces recommandations et considère que les capacités d’accueil actuellement mobilisées restent insuffisantes au regard des besoins documentés.
Cette insuffisance ne peut toutefois être réduite à la seule question du franchissement des frontières. Une évacuation suppose qu’un patient soit correctement référé et priorisé, qu’un pays accepte de le recevoir, qu’une solution médicale soit disponible, que les autorisations nécessaires soient obtenues, que le transfert puisse être organisé et que la continuité du parcours puisse ensuite être assurée.
Nous considérons que les États disposant de capacités hospitalières adaptées — notamment en Europe — peuvent et doivent augmenter leur contribution. Cela implique non seulement davantage de places d’accueil, mais également une meilleure articulation entre autorités sanitaires, diplomatiques, consulaires, établissements hospitaliers et organisations chargées de la coordination.
Il ne s’agit pas d’ignorer les exigences légitimes de sécurité, de contrôle des frontières, d’organisation hospitalière ou de vérification administrative. Il s’agit d’éviter que la succession de procédures légitimes, lorsqu’elles sont insuffisamment coordonnées, ne se transforme elle-même en obstacle durable à l’accès à des soins vitaux.
Pont de Mer Humanitaire considère également qu’il est légitime de comparer les dispositifs nationaux lorsque les données sont suffisamment robustes. L’objectif n’est pas de désigner de « bons » ou de « mauvais » États. Il est d’identifier ce qui permet à certains parcours d’aboutir, ce qui les ralentit ailleurs et ce qui pourrait être reproduit pour augmenter le nombre de solutions effectives. Le plaidoyer doit porter sur les résultats et les solutions, pas sur l’appartenance politique des acteurs.
Pourquoi ces parcours se bloquent-ils alors que chaque acteur semble faire son travail ?
Un médecin peut correctement identifier le besoin. Le Referral Committee peut considérer le patient comme prioritaire. L’OMS peut accomplir son rôle. Un hôpital européen peut disposer de la compétence médicale nécessaire. Une administration peut appliquer ses propres règles. Et malgré cela, le patient peut ne pas partir. Le problème n’est alors pas nécessairement l’absence totale de solution. Il peut être situé entre les solutions :
- entre l’hôpital et l’État ;
- entre la priorité médicale et la capacité d’accueil ;
- entre l’autorisation d’entrée et l’autorisation de sortie ;
- entre l’évacuation et la continuité des soins ;
- entre une admission universitaire et un visa ;
- entre un statut de réfugié potentiellement accessible et la possibilité physique de rejoindre le territoire où la demande pourrait être examinée.
Ces espaces sont des ruptures d’interface. Aucune institution n’est nécessairement chargée, à elle seule, de les résoudre toutes.
C’est précisément là que se situe le projet Pont de Mer
Pont de Mer Humanitaire n’est ni un hôpital, ni une organisation internationale, ni une autorité frontalière, ni un consulat, ni une université, ni une juridiction. Son rôle n’est pas de se substituer à ces acteurs. Il consiste à essayer, lorsque c’est possible et légitime, de construire la continuité entre eux.
Recevoir une demande. Documenter. Vérifier. Évaluer. Identifier les acteurs compétents. Connecter les différentes étapes. Mobiliser les ressources disponibles. Suivre. Transmettre. Relancer lorsque cela est pertinent.
Préparer l’étape suivante avant que la précédente soit terminée. Et, lorsqu’une solution n’est pas possible, le dire sans créer de faux espoir.
Une solution existe parfois déjà. Ce qui manque, c’est la continuité entre la personne, les institutions, les décisions et les ressources.
Questions fréquentes
Huit réponses courtes distinguent le rôle de l’OMS, la priorisation, les autorisations, les études, la protection internationale et la contribution réelle de Pont de Mer Humanitaire.
Les réponses ci-dessous ne créent aucun droit ni aucune garantie. Elles renvoient aux sources institutionnelles et aux autorités compétentes pour toute situation individuelle.
Non. L’OMS indique qu’elle ne sélectionne pas les patients et n’intervient pas dans leur priorisation.
Non. L’OMS et le ministère de la Santé ne facturent aucun frais pour le processus. Toute proposition de paiement destinée à accélérer ou modifier la priorisation doit être considérée avec la plus grande vigilance.
Non. L’évacuation dépend ensuite notamment de l’acceptation par un pays d’accueil, des autorisations nécessaires et de l’existence d’un itinéraire opérationnel.
Pas automatiquement. Admission, financement, sortie du territoire et droit d’entrée dans le pays d’accueil sont des étapes distinctes.
Non. La jurisprudence CNDA concerne les conditions de reconnaissance d’une protection internationale. Elle ne constitue pas une autorisation automatique d’entrée en France.
Non. La décision appartient exclusivement aux autorités compétentes.
Non. L’association peut contribuer à documenter, connecter ou coordonner certaines étapes, mais elle ne remplace ni le système de référencement, ni l’OMS, ni les autorités chargées des passages et de l’admission.
Parce qu’entre une solution théoriquement disponible et une solution réellement accessible se trouvent souvent plusieurs étapes qui doivent être préparées et coordonnées. C’est précisément sur cette continuité que porte notre action.
Références institutionnelles et méthode de vérification.
Cette page repose prioritairement sur des sources institutionnelles primaires : OMS et OMS EMRO, CNDA, Conseil d’État, Commission européenne et acteurs du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Les informations secondaires ne sont utilisées que lorsqu’une donnée n’est pas disponible directement auprès de l’autorité concernée.
Lorsqu’une donnée ne peut pas être recoupée de manière suffisamment robuste, elle n’est pas présentée comme un fait consolidé. Les périodes, les définitions de « patient », la distinction entre patients et accompagnants et la séparation entre évacuations médicales, familiales, académiques ou humanitaires sont conservées.
Dernière vérification éditoriale : 28 août 2026. Les données évoluent rapidement.
- OMS EMRO — Évacuation médicale depuis Gaza
- OMS — Données au 23 février 2026 (PDF)
- OMS — Mise à jour du 26 mars 2026 (PDF)
- OMS — Medical Evacuation: What you need to know (PDF)
- OMS Europe — 1 000 évacuations médicales
- CNDA — Décision du 11 juillet 2025
- Conseil d’État — Décision du 15 octobre 2025
- Commission européenne — Mécanisme de protection civile
- IFRC — Soutien du Croissant-Rouge égyptien
- Croix-Rouge britannique — Transferts assurés par le PRCS
Construire la continuité entre les personnes, les décisions et les ressources.
Pont de Mer Humanitaire documente, relie et suit certaines étapes sans se substituer aux médecins, à l’OMS, aux autorités, aux hôpitaux, aux universités ou aux juridictions.
